Pathologie accidentelle fréquente, le traumatisme crânien est toujours une cause de mortalité importante, essentiellement dans les accidents de circulation et chez l’enfant. Plusieurs travaux scientifiques internationaux ont contribué à comprendre la physiopathologie et à proposer des recommandations pratiques.
En 1987, Master (4) a défini trois groupes à risques de lésions intracrâniennes et a démontré que la radiographie du crâne ne se justifie que dans quelques situations particulières.
Les Agressions Cérébrales Ischémiques s’observent dans les traumatismes crâniens graves (Glasgow < ou égal à 8) et sont d’origine intra ou extra crânienne. Les ACSOS débutent précocement sur le lieu de l’accident ou durant le transport et influent sur le pronostic (5). Les facteurs extra crâniens sont :
1. Les données de l’anamnèse concernant les antécédents, les traitements en cours (anticoagulants ?), une éventuelle intoxication alcoolique, les circonstances de l’accidents* et notion de perte de conscience initiale (PCI) ou d’amnésie. L’heure de début des vomissement ou de la céphalée.
(*) Le mécanisme lésionnel est sévère lorsque :
- AVP automobile si passager éjecté du véhicule, si décès d’un autre passager, si tonneaux du véhicule, si victime piéton ou cycliste non casquée
- Chute d’une hauteur > 0,9 m si enfant < 2 ans ou > 1,5 m si enfant >= 2 ans
- TC par objet à forte cinétique
2. Les troubles de la conscience : Le Glasgow Coma Score (GCS) est un critère prédictif de mortalité fiable à condition de respecter la bonne technique. Il est donc très important de l’estimer précisément, notamment avant la sédation du patient. Le score inférieur ou égal à 8 indique que le traumatisme est grave (1).
3. L’état des pupilles : une mydriase aréactive oriente vers la compression du IIIème nerf crânien lors d’un engagement cérébral temporal.
4. La recherche de signes de localisation : rechercher une asymétrie de la motricité des membres.
5. Examen clinique complet et en particulier les signes respiratoires et hémodynamiques.
6. Recherche d’autres lésions (rachis, thorax, abdomen, …)
Enfant < 2 ans, le scanner est recommandé dans les cas suivants (7) :
- Glasgow Coma Score <= 14
- Signes cliniques d’embarrure
- Association de plusieurs facteurs (Hématome du scalp non frontal, ou Perte de connaissance >= 5 Secondes, ou Mécanisme lésionnel sévère, ou Comportement anormal selon les parents) OU Aggravation clinique secondaire
- Age < 3 mois
Enfant > ou = 2 ans, le scanner est recommandé dans les cas suivants (7) :
- Glasgow Coma Score <= 14
- Signes cliniques d’une lésion de la base du crâne (rhinorrhée, otorrhée, hémotympan, hématome rétro-auriculaire, hématome périorbitaire)
- Association de plusieurs facteurs (Notion de perte de connaissance ou Vomissements ou Mécanisme lésionnel sévère ou Céphalées importantes) OU Aggravation clinique secondaire.
Lorsque le Glasgow Coma score est inférieur ou égal à 8 on considère que le TC est grave. Les Agressions cérébrales secondaires d’origine systémique (ACSOS) doivent être recherchées et traitées précocement (1)(6) :
1. ANAES : Prise en charge des traumatisés crânienne grave à la phase précoce. Recommandations pour la pratique clinique. Ann. Fr. Anesth. Réanim., 1999, 18, 1, 172
2. CUSHMAN J.G., AGARWAL N., FABIEN T. & Coll.: Practice management guidelines for the management of mild traumatic brain injury: the EAST practice management guidelines work group. J. Trauma, 2001, 51:1016-26
3. LE GALL JR et coll. : Conférence de consensus, radiographies thoraciques et radiographies du crâne en urgence, Réan. Soins Inten. Méd. Urg., 1990, 6, 409-450
4. MASTERS SJ, MCCLEAN PM, ARCARE JS & Coll.: Skull x-ray examinations after head trauma. Recommendations by multidisciplinary panel and validation study. N. Engl. J. Med., 1987, 316, 84-91
5. MOESCHLER O, BOULARD G., RAVUSSIN P. : Concept d’agression cérébrale secondaire d’origine systémique (ACSOS), Ann. Fr. Anesth. Réan., 1995, 14, 114-121
6. SFAR, SRLF, & Coll. : Recommandations pour la pratique clinique. Prise en charge des traumatisés crâniens graves à la phase précoce. Ann Fr Anesth Réanim 1999, 18 :11-159
7. GFRUP et SFMU : Actualisation des recommandations pour la prise en charge du traumatisme crânien léger de l’enfant (2014) (voir notre article / consensus)
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Prévention des infections bactériennes et de la rage
Les morsures et griffures animales sont très fréquentes et touchent surtout les enfants. L’incidence de morbidité et de mortalité est élevée essentiellement dans les pays tropicaux à ressources limités, bien que la prévention soit simple et efficace. La gravité dépend de l’agressivité de l’animal mordeur, de l’importance des lésions, de l’agent infectieux inoculé et de la qualité et la précocité de la prise en charge médicale.
L’animal en cause peut être domestique ou errant, principalement les chiens (90% des cas) et les chats, mais aussi les animaux sauvages comme le renard, la chauve-souris et les rongeurs. Une morsure même minime peut se compliquer les jours suivants ou après plusieurs semaines:
- Les blessures peuvent engendrer différentes maladies comme les infections à pyogènes ou par les anaérobies, pasteurellose, maladie de griffes de chat, leptospirose (rongeurs).
- Les morsures humaines exposent essentiellement au risque de transmission de VIH, hépatites B et C et aussi aux infections par germes pyogènes et anaérobies (voir notre article accidents d'exposition au sang) .
- Le risque de tétanos est présent devant toute plaie chez les personnes non vaccinées. La prévention du Clostridium tetani doit être systématique après toute plaie pénétrante.
- Tous les mammifères domestiques ou sauvages peuvent transmettre la rage en particulier les chiens, les chats, les rongeurs, les bovins, les équins et autres. Le protocole de vaccination doit être entrepris le plus précocement possible.
- La maladie des griffes du chat (ou lymphoréticulose) est une infection bactérienne transmise par une griffure de chat et parfois une morsure. Le Bartonella est une bactérie dont chaque espèce touche un mammifère ou un rongeur spécifique et se transmet par les puces ou les mouches. La cavité buccale des chats est contaminée par BARTONELLA HENSELAE. Dix à quinze jours après la morsure ou la griffure, et alors que la plaie est cicatrisée, apparaissent une rougeur de la peau, voire une papule ou pustule dans la zone cutanée lésée. Puis des adénopathies dans le territoire de drainage (aisselles, région inguinale, cou, derrière les oreilles). L’atteinte oculaire donne une conjonctivite. Les signes généraux comme (fièvre, myalgie et asthénie) sont inconstants. La maladie est généralement bénigne et guérit spontanément, les adénopathies évoluent vers la suppuration en quelques mois. Chez les immunodéprimés, les complications viscérales, endocardites ou ostéo-arthrites sont à craindre.
I. PRISE EN CHARGE DES PLAIES PAR MORSURE :
La gravité dépend de la profondeur, de l’étendue, du siège et du terrain. Les plaies à risque sont :
En 2017, la SFMU (10) et autres sociétés savantes ont publié un référentiel sur la prise en charge des plaies aiguës aux urgences.
1. Consultation médicale précoce :
À part les plaies graves et les saignements considérés comme prioritaires au triage à l’accueil des urgences, une prise en charge médicale dans les 24 heures est recommandée pour toutes plaies par morsure même apparemment minime.
2. Soins locaux :
3. Traitement chirurgical des plaies :
Mythe à oublier :
- Ne pas suturer au delà de 24 heures n’est pas prouvé scientifiquement.
- Il n’existe pas de délai standardisé au-delà duquel une plaie simple ne peut être suturée (2)(10). Une évaluation chirurgicale spécialisée est nécessaire cas par cas.
La chirurgie en urgence doit être la plus précise et perfectionniste possible afin d’éviter les séquelles esthétiques. Le recours au drainage est fréquent (9). La règle est la suture en deux plans. Les seules localisations où la suture peut être faite en un seul plan de points séparés classiques sont le cuir chevelu, les paupières, les oreilles, le nez, les mains, les pieds et les organes génitaux (10). L’utilisation de colle est formellement contre indiquée sur ce type de plaie à haut potentiel septique (9)(10).
4. Antibiothérapie :
Les germes responsables des infections post-morsures appartiennent majoritairement à la flore buccale du mordeur. Le risque d’infection est en fonction de l’animal en cause, la profondeur et la taille de la plaie et en fonction du terrain (diabète, immunodéprimé).
Le traitement antibiotique n’est pas systématique d’emblée. Il est probabiliste en cas de signes infectieux patents ou présence de facteurs de risque (1)(3)(10).
5. Prévention du tétanos et de la rage :
a) Vérifier le statut de vaccination et préconiser le vaccin antitétanique VAT avec ou sans l’immunothérapie SAT selon les cas. Voir notre article sur le tétanos.
b) Prophylaxie de la rage : voir paragraphe suivant.
II. LA RAGE :
1. Épidémiologie :
La rage n'est pas aussi rare que vous le pensez, il faut toujours la poser comme diagnostic différentiel devant une encéphalite.
Louis Pasteur a découvert le vaccin en1885 mais la rage reste encore une des priorités de l’organisation mondiale de la santé (OMS). La journée mondiale de la rage est célébrée tous les ans le 28 septembre.
Il ne faut pas sous-estimer la gravité de cette infection, d’après l’OMS elle est encore à l’origine d’environ 59.000 décès par an dans le monde, essentiellement en Afrique et en Asie, la moitié des cas sont des enfants (6).
Au USA, le nombre de morsures d’enfants dues à un chien et nécessitant des soins médicaux est estimé entre 30 et 50 pour 100.000 enfants de moins de 15 ans. Les morsures représenteraient, tout âge confondu, 1% des urgences chirurgicales et 5% des plaies (1). 5865 cas de rage confirmés en laboratoire chez des animaux ont été déclarés en 2013 aux CDC (Centers for Disease Control and Prevention). Toutefois, le nombre de cas chez l'homme est en moyenne deux à trois par an provoqués tous par les chauves-souris.
En France, d’après l’INVS (Institut de Veille Sanitaire), la rage est éradiquée depuis la fin du XXe siècle hormis des cas sporadiques importés, les chauves-souris restent le réservoir principal du virus (5). De 1970 à 2018, 24 cas de rage humaine ont été décrits en France, dont 23 contractés lors de voyages à l'étranger (8 au Maghreb, 9 en Afrique noire, 2 en Égypte, 2 en Inde, 1 au Sri Lanka et 1 au Mexique) et un cas survenu en Guyane en 2008, dû à un virus desmodin (lié aux chauves-souris hématophages). Tous ont fait suite à une morsure sauf un après greffe de cornée
En Suisse, 13.000 accidents par morsure de chien ont nécessité des soins médicaux (soit plus de 35 accidents par jour) selon une étude en 2001, l’incidence annuelle est estimée à 180 morsures pour 100.000 habitants (8).
Dans les pays du Maghreb, les cas de rage humaine déclarés sont 10 en Tunisie de 2011 à 2013, en moyenne 20 par an au Maroc (source OMS). La moyenne en Algérie est entre 15 à 20 cas de rage humaine et près de 120.000 personnes mordues par des animaux, sont enregistrés annuellement (d'après la direction de prévention en Algérie).
2. Manifestations cliniques :
La rage est une zoonose virale due à un lyssavirus auquel sont sensibles tous les mammifères. Les rongeurs aussi peuvent être atteints mais aucun cas de rage publié jusqu'à ce jour pour les souris.
3. Prévention :
- Capturer l’animal agresseur si possible et le mettre sous surveillance vétérinaire pendant 15 jours. S’il est mort une analyse biologique du cerveau sera faite dans un laboratoire de référence.
- Se présenter le plus tôt possible à un centre de vaccination antirabique. Un retard dans le démarrage de la prophylaxie ou une administration incomplète ou incorrecte de celle-ci peut entraîner la mort du patient
La dose recommandée de vaccin reconstitué est de 0,5 ml par voie intramusculaire (IM) ou de 0,1 ml par voie intradermique (ID). Sites d'injection : bras ou face antéro-latérale de la cuisse. Pas d'injection dans la fesse. |
Le Volume injectable en ml = 1/3 ou 1/5 du poids corporel selon la concentration du produit). La dose maximale à injecter est 3000 UI. Exemple : immunoglobuline équine en flacon de 5 ml dosé à un titre de 200 UI/ml - Pour un individu pesant 56 kg, la dose à injecter sera de : 40 x 56/200 = 2240/200 = 11,2 ml soit 2 flacons et 1,2 ml. |
De préférence en même temps que la première injection de vaccin. Si possible, le maximum de la dose doit être infiltré au niveau des morsures, même si les plaies sont cicatrisées. Si cela n’est pas possible, le reste de la dose doit être injecté en IM dans un point éloigné du lieu d’injection du vaccin.
Effet indésirable : parfois signes mineurs locaux ou généraux, rarement allergie (Adrénaline et Corticoïdes à porté). Préférer l’immunoglobuline d’origine humaine en cas d’allergie connue.
- Arrêter le traitement si l’animal est en bonne santé après 10 jours d’observation (selon avis du vétérinaire) ou si, après euthanasie, la recherche de la rage par les techniques de laboratoire appropriées est négative.
- Le traitement préventif est nécessaire même si l’animal est vacciné (il faut prouver la vaccination et l'immunité de l'animal).
Catégories d’exposition et conduite à tenir (OMS) | ||
Cat | Nature du contact avec l’animal | Traitement |
1 | - Contact ou alimentation de l’animal - Léchage sur peau intacte |
Aucun |
2 | - Peau découverte mordillée - Griffures bénignes ou excoriations sans saignement - Léchage sur peau érodée |
Vaccination immediate |
3 | - Morsure(s) ou griffure(s) ayant traversé la peau - Contamination des muqueuses par la salive |
Vaccin et immunothérapie |
Cas particuliers :
- Si la vaccination de pré-exposition a été effectuée il y a moins de cinq ans : deux doses de rappel sont administrées à J0 et J3. L'administration d'immunoglobulines rabiques n'est pas nécessaire.
- Si la vaccination de pré-exposition a été effectuée il y a plus de 5 ans, si elle est incomplète ou en cas de doute, le sujet est considéré comme n'ayant pas un statut vaccinal sûr et le traitement complet de post-exposition doit être instauré.
Prophylaxie post exposition (PPE) selon la catégorie (OMS 2018) | ||
Individus jamais encore immunisés quel que soit le groupe d’âge | ||
Catégorie 1 : | Catégorie 2 : | Catégorie 3 : |
Aucune PPE n’est requise. |
- Injections vaccin ID en 2 sites j0 - j3 - j7 L’immunoglobuline antirabique (sérum) n’est pas indiquée. |
- Injections vaccin ID en 2 sites à j0, j3 et j7 - OU : Injections IM en 1 site à j0, j3, j7 et entre 14 et 28 jours - OU : Injections IM en 2 sites à j0 et en 1 site à j7, j21 L’administration d’immunoglobuline antirabique est recommandée |
Individus précédemment immunisés quel que soit le groupe d’âge | ||
Aucune PPE n’est requise. | - Injections vaccin ID en 1 site à j0 et j3 – OU : Injections ID en 4 sites à j0 - OU : Injections IM en 1 site à j0 et j3 L’immunoglobuline antirabique (sérum) n’est pas indiquée |
– Injections ID en 1 site à j0 et j3 - OU : Injections ID en 4 sites à j0 - OU : Injections IM en 1 site à j0 et j3 L’immunoglobuline antirabique n’est pas indiquée. |
** La vaccination immédiate n’est pas recommandée si une PPE complète a déjà été reçue depuis <3 mois. ** ID : injection intradermique - IM : intramusculaire |
SCHÉMA DU TRAITEMENT SELON LE MINISTÈRE DE LA SANTÉ PUBLIQUE EN TUNISIE | ||||
Cas | État de l'animal | Caractères de l'exposition | Conduite à tenir | |
A | Bien portant et en observation vétérinaire J0 - J7 - J15 | 1 | - Siégeant à la tête, au cou, aux extrémités des membres [mains, pieds], aux organes génitaux, - Plaies profondes ou multiples |
J0 : Sérum + 1ère dose VAR J3 : 2ème dose VAR J7 : selon l’observation de l’animal (*) |
2 | Autres cas | J0 : 2 doses de VAR J7 : selon l’observation de l’animal (*) |
||
B |
Enragé (B1), Évadé, Mort, Abattu Ou perdu de vue |
1 | - Siégeant à la tête, au cou, aux extrémités des membres [mains, pieds], aux organes génitaux, - Plaies profondes ou multiples, - Morsures ou griffures par un animal enragé |
J0 : Sérum + 1ère dose VAR J3 : 2ème dose du VAR J7 : 3ème dose VAR J14 : 4ème dose VAR J28 : 5ème dose VAR |
2 | Autres cas | J0 : 2 doses VAR J7 : 3ème dose VAR J21 : 4ème dose VAR |
||
VAR : vaccin antirabique - Sérum : dose selon le poids (*) Le traitement sera poursuivi comme B1 si l'un des 3 certificats du vétérinaire (J0 - J3 - J15) signale que l'animal est enragé, mort ou perdu de vue |
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES :
1. B. QUINET, E. GRIMPREL : Antibioprophylaxie des morsures chez l’enfant. Archives de Pédiatrie 2013; 20: S86-S89
2. BENOIT HENRY et col. : Mythes et traditions des urgences chirurgicales cutanées. Rev Med Suisse 2017 ; 13 : 1381-4
3. CMIT (Collège des universitaires de Maladies Infectieuses et Tropicales) : Infections par inoculation, morsures (hors rage et envenimations) in ePILLY trop 2016 - Maladies infectieuses tropicales, 364-367. Éditions Alinéa Plus
4. LAURENT DACHEUX, HERVÉ BOURHY : Le diagnostic de la rage. Revue Francophone Des Laboratoires - Mars 2011 - N°430, 33-40
5. NOÉMIE BOILLAT et col. : Morsures d’animaux et risque Infectieux. Rev Med Suisse 2008; 4 : 2149-55
6. OMS : Organisation Mondiale de la Santé, site web who.int / rage - Vaccins antirabiques avril 2018
7. OMS : Position actualisée de l’OMS concernant les vaccins antirabiques, Genève (Suisse). Relevé épidémiologique hebdomadaire REH 6 août 2010, vol. 85, 32, 309-320
8. PHILIPPE BOCION : Morsures de chien en Suisse : mise au point. Rev Med Suisse 2010; volume 6.1736-1736
9. S. Touzet-Roumazeille et col.: Prise en charge chirurgicale des morsures animales chez l’enfant. Annales de chirurgie plastique esthétique (2016). Elsevier, Doi :10.1016/j.anplas.2016.06.013
10. SFMU, SFFPC, SOFCPRE, SPILF, GFRUP : Plaies aiguës en structure d’urgence, Référentiel de bonnes pratiques. Société française de médecine d’urgence 2017, (voir lien sur notre site)
©2018 - Dr M. Gazzah
La contention par bandes de plâtre est la plus fréquemment utilisée.
Les indications sont fréquentes en traumatologie : fractures, entorses, ...
Elles nécessitent une technique et un savoir faire certain. Le contact humain est primordial.
Un document utile pour étudiants, médecins et infirmiers.
- Matériel à préparer
- Réalisation du plâtre
- Indications
- Différents plâtres :
- Conseils au malade et surveillance
- Les complications : compression artérielle (sundrome de Volkman), thrombophlébites, nerveuses
Conférence : Les traumatismes crânio-encéphaliques, que faire aux urgences?
Le point de vue du neurochirugien
Auteurs : Dr M. Ladib - Pr Hedi Krifa (neurochirurgie)
C’est une toxi-infection due au bacille de Nicolaïer (Clostridium tetani), bacille gram positif, anaérobie strict, sporulé.
Le réservoir est essentiellement tellurique (terre et poussière). En état de spore, il résiste à la chaleur et à la désinfection chimique. L’incubation dure de 3 à 30 jours (en moyenne 8 jours). La mortalité est fréquente malgré les moyens modernes de réanimation.
Le germe reste localisé dans la plaie et ne diffuse pas dans l'organisme. Il agit par la diffusion d’une neurotoxine qui provoque:
La plaie susceptible d’être tétanigène est souillée de terre et de débris :
Les plaies, le plus souvent en cause, sont localisées aux membres inférieurs, provoquées par des corps étrangers et/ou souillées de terre (accidents de la voie publique, campagne, jardins). Les brulures étendues sont également une source d’infection. Il peut s’agir d’une plaie récente ou chronique. Le tétanos post-chirurgical, post abortum ou ombilical du nouveau-né est devenu exceptionnel de nos jours. On estime que le risque augmente avec l’âge puisque le taux de vaccination devient faible au-delà de 50 ans.
En 1926, le Français Gaston Ramon met au point le premier vaccin antitétanique.
VAT : anatoxine tétanique 0,5 ml en IM (ou SC si troubles de la coagulation avec compression). Conservation entre +2 et +8 °C (ne pas congéler).
La vaccination est obligatoire pour les enfants, les jeunes en milieu scolaire, la femme enceinte, les militaires et pour les professions exposées. Il n'existe pas de contre-indication. Parfaitement bien tolérée, il offre une protection efficace à un coût extrêmement faible.
Enfant : à partir de l’âge de 2 mois (3 injections à 1 mois d'intervalle). Rappel à 1 an, 5 ans, et tous les 10 ans. On estime que l’immunité persiste 20 ans ou plus lorsqu’on reçoit les 5 doses de vaccin.
Femmes enceintes : en absence de vaccination préalable, 2 doses successives de ce vaccin avec un intervalle minimal de 4 semaines, la première injection devait être administrée de préférence 90 jours ou plus avant l'accouchement
Chez l'adulte : non vacciné, 2 doses successives à 1 ou 2 mois d'intervalle, suivies d'une dose de rappel administrée à 12 mois après la 2e injection.
Le nouveau programme de vaccination en France : Enfant 2 – 4 – 11 mois puis 6 – 11 à 13 ans – Adulte 25 – 45 – 65 ans puis tous les 10 ans. Voir le lien ici
LE SERUM ANTITÉTANIQUE ou IMMUNOGLOBULINE :
SAT : immunoglobuline humaine tétanique 250 UI/2ml en IM (ou SC si troubles de la coagulation avec compression). Ces sont des anticorps d’origine humaine, spécifiques et neutralisants. Les sérums d’origine équine, ayant un risque d’allergie plus fréquent, sont aujourd’hui abandonnés. La durée d’action est de 30 jours maximum.
La dose minimale est de 250 UI, y compris pour les enfants, nourrissons, prématurés ou nouveau-nés hypotrophiques. Cette dose peut être doublée en cas de plaie à haut risque ou si la blessure a eu lieu plus de 24 heures auparavant ou pour les adultes dont le poids est supérieur à 80 kg.
Indications : plaie fortement tétanigène chez les personnes qui n’ont jamais eu de vaccination antitétanique correcte ou qui sont incapables de savoir la date de leur dernière vaccination.
Inconvénients : à part son prix élevé par rapport au vaccin, il peut provoquer des effets indésirables tels que réactions allergiques, rash cutané, érythème au point d'injection, frissons, hyperthermie, malaises,…
Ce médicament ne doit être administré au cours de la grossesse qu'en cas de nécessité bien établie.
CONDUITE A TENIR DEVANT UNE PLAIE :
Toutes les plaies doivent être soigneusement nettoyées avec de l'eau de robinet et le savon (ou par le sérum physiologique). Ablation des souillures, corps étrangers et tissus nécrotiques puis bien désinfecter.
Évaluer la situation vaccinale du patient et le risque tétanigène de la plaie.
• Aucun risque : lorsque le sujet correctement vacciné.
• Plaie à risqu minime : abrasion cutanée, plaie minime et propre.
• Le risque est important : plaie étendue, souillée, avec corps étrangers, morsure grave, brûlure profonde ou étendue, gangrène, avortement septique. Dans les cas à haut risque, ou vue tardivement, une antibiothérapie prophylactique est recommandée (amoxicilline).
Test Tétanos Quick Stick® (TQS) est utilisé par les services d’urgence en l’absence d’information sur le statut vaccinal d’un patient. La réalisation du TQS permet d’éviter les hyper-immunisations et de limiter les injections d’immunoglobulines inutiles. Ce test n'est pas encore validé.
Remarques :
** Injecter VAT et SAT en deux sites différents.
Pour en savoir plus : Professeur Pierre Aubry, Bernard-Alex Gaüzère : Tétanos, actualités 2019, Site médecine tropicale
Lisez également notre article : plaies et morsures animales
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