scopeDans le jargon médical moderne on dit souvent scoper le malade ou encore monitorer (monitoring).
Poser une question aux étudiants «quelle est la conduite à tenir devant une urgence grave» ils vont répondre : d’abords scoper le patient (!)
Certains médecins hospitaliers refusent parfois d’admettre un malade sous prétexte «Il est en état grave et je n’ai pas de scope disponible au service» ou encore ils engueulent les jeunes médecins qui transportent un patient d’un endroit à un autre sans scope (!).
Le scope (ou moniteur) est un écran TV qui permet de suivre en permanence les paramètres vitaux comme le rythme cardiaque, le pouls, le taux d'oxygène dans le sang (saturation en O2), la tension artérielle ou encore la température. Il est relié au patient par des électrodes. En cas de trouble du rythme par exemple, l’appareil déclenche une alarme visuelle et sonore.

 

 

Actuellement ces scopes sont plus sophistiqués : taille de plus en plus petite, transmission de l’affichage à distance par Bluetooth, enregistrement des paramètres sur papier, etc.

Les équipes du SAMU utilisent toujours des scopes à batterie et couplés à un défibrillateur permettant de choquer le patient en cas d’arrêt cardiaque par FV ou troubles graves du rythme.

Scoper le malade ? C’est bien, mais réfléchissez :

  • Rien ne remplace la surveillance humaine +++
  • Le scope ne sert à rien lorsque les paramètres des alarmes ne sont pas définis et encore plus lorsque l’alarme sonore est bloquée (on la bloque souvent à cause du bruit).
  • Le scope ne sert à rien lorsque l’affichage n’est pas visible par le personnel soignant (dirigé vers le mur ou vers le malade ou derrière un obstacle!). Il n’est pas rare de voir un patient scopé mais il est seul dans sa chambre.
  • Il ne sert à rien en absence d’un défibrillateur relié ou à portée de main +++
  • Il ne sert à rien en absence d’une trousse d’urgence permettant la réanimation en cas de besoin.

Le personnel soignant dispose actuellement de technologies modernes, sophistiquées et coûteuses. Il est impératif de réviser notre enseignement et notre apprentissage.

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