Recommandations destinées aux professionnels impliqués dans la prise en charge des céphalées en urgence.
Société Française d’Étude des Migraines et des Céphalées (SFEMC) et de la Société Française de Neurologie (SFN)

céphaléeCes recommandations concernent la prise en charge des céphalées en urgence : distinction des quatre tableaux cliniques, éléments clés de l’interrogatoire et de l’examen physique, stratégie diagnostique et thérapeutique.
Les céphalées de début brutal et/ou inhabituelles doivent être considérées comme des céphalées secondaires jusqu’à preuve du contraire et justifient la réalisation d’examens complémentaires en urgence.

 

EXTRAIT DE L’ARTICLE :

1) COMMENT DISTINGUER LES QUATRE TABLEAUX CLINIQUES ?

En pratique, les céphalées vues en urgence peuvent être divisées en quatre grands tableaux cliniques:
•céphalées brutales récentes
•céphalées progressives récentes
•céphalées paroxystiques récurrentes
•céphalées chroniques quotidiennes.

2) COMMENT MENER L’EXAMEN PHYSIQUE ?

Il faut rechercher de manière systématique (Accord professionnel) :
•un trouble de la vigilance
•de la fièvre
•une hypertension artérielle
•un syndrome méningé
•un déficit neurologique focal (déficit moteur ou sensitif, diplopie, anomalie pupillaire, syndrome cérébelleux)
•une pathologie de l’œil, des sinus, de l’oreille ou de la cavité buccale pouvant expliquer les céphalées.

diagnostic des céphalées

3) QUELLE EST LA CONDUITE À TENIR IMMÉDIATE ?

Il est recommandé de prendre en charge EN URGENCE tout patient qui présente :
•Une céphalée brutale voire en coup de tonnerre (intensité maximale en moins d’une minute),
•Une céphalée récente ou d’aggravation récente (< 7 jours) et inhabituelle,
•Une céphalée associée à une fièvre (en l’absence d’une cause générale évidente telle qu’un syndrome grippal en période épidémique),
•Une céphalée associée à des signes neurologiques,
•Une céphalée faisant évoquer une intoxication (notamment au CO),
•Une céphalée dans un contexte d’immunodépression.


** CÉPHALÉE DE DÉBUT BRUTAL, RÈGLE D’OTTAWA :
La présence de l’un des 6 critères justifie la réalisation d’explorations à la recherche d’une Hémorragie Sous-Arachnoïdienne (HSA).

Cette règle s’applique aux patients de plus de 15 ans présentant une céphalée sévère, non traumatique, ayant atteint son intensité maximale en moins d’une heure. Ne pas appliquer en cas de déficit neurologique, d’antécédent d’anévrisme, d’HSA, de tumeur cérébrale ou de céphalées récurrentes (≥ 3 en ≥ 6 mois).
•Âge ≥ 40 ans.
•Douleur ou raideur nucale.
•Perte de connaissance constatée par un témoin.
•Début durant un effort physique.
•Céphalée en coup de tonnerre (Intensité > 7/10 en moins d’une minute).
•Limitation de la flexion nucale.

Devant une suspicion d’HSA, si l’angioscanner (ou IRM + ARM) ne permet pas d’obtenir un diagnostic, la ponction lombaire doit être réalisée de manière systématique, même si les céphalées ont disparu (Grade B) (Edlow et al., 2008; Steiner et al., 2013; Stewart et al., 2014). Il est recommandé de réaliser la ponction lombaire avec une aiguille atraumatique fine (25 gauge) afin de limiter le risque de céphalées post PL et les surcoûts qui seraient alors induits (Grade B).

RÉFÉRENCE :
French guidelines for the emergency management of headaches
Xavier Moisset et al. : Recommandations pour la prise en charge d’une céphalée en urgence, Douleurs : Évaluation - Diagnostic – Traitement. Volume 19, Issue 1, February 2018, Pages 4-16

À télécharger ce document :  elsevier sciencedirect