Consensus

Dans cette rubrique : les articles de références, conférences de consensus, recommandations des sociétés savantes, mises au point et protocoles en médecine d'urgence

Prise en charge des exacerbations de la bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) - Recommandations de la Société de Pneumologie de Langue Française (SPLF)
Revue des Maladies Respiratoires 2017;34(4):282-322 (cet article est en anglais et français)

LES POINTS FORTS DE L’ARTICLE :

Les objectifs des recommandations 2017 de la SPLF pour la prise en charge des EABPCO sont : d’améliorer leur prévention, d’améliorer leur prise en charge diagnostique et évaluative, d’améliorer leur traitement pharmacologique et non pharmacologique, d’impliquer toutes les composantes des systèmes de soins concernés et des politiques de santé et d’encourager la recherche sur les EABPCO.

DÉFINITIONS :

BPCO = Bronchopneumopathie Chronique Obstructive
EABPCO = Exacerbation Aigue BPCO

La SPLF retient la définition suivante : l’exacerbation est un événement aigu caractérisé par une aggravation des symptômes respiratoires (notamment la toux, l’expectoration et la dyspnée) au-delà des variations quotidiennes et conduisant à une modification thérapeutique : soit une simple augmentation des bronchodilatateurs (dans ce cas, une durée supérieure à 24 heures est requise pour parler d’exacerbation) soit l’ajout d’un traitement supplémentaire (antibiothérapie et/ou corticothérapie orale).
Le terme «décompensation», propre à la langue française, est en pratique employé avec des significations différentes suivant les auteurs. Pour ces raisons, il est recommandé de préférer le terme «exacerbation sévère» (ou grave).

DIAGNOSTICS DIFFÉRENTIELS :

Pneumonie communautaire : radiographie pulmonaire
Œdème pulmonaire cardiogénique : Les performances médiocres de l’examen physique et de la radiographie de thorax pour le diagnostic de dysfonction ventriculaire gauche, et les difficultés d’accès et de réalisation de l’échocardiographie chez ces patients, justifient l’utilisation de biomarqueurs comme aide au diagnostic (peptides natriurétiques BNP et NT-proBNP).

PRISE EN CHARGE HOSPITALIÈRE :

* Il est recommandé d’utiliser des bronchodilatateurs inhalés de courte durée d’action (bêta-2 agonistes avec ou sans anticholinergiques) en cas d’EABPCO prise en charge en hospitalisation (G1A). En cas d’exacerbation sévère, il est recommandé d’utiliser un mode d’administration par nébulisations.

* Il n’y a pas suffisamment d’arguments dans la littérature pour proposer une corticothérapie inhalée en cas d’EABPCO prise en charge en hospitalisation.

* L’utilisation de magnésium par voie inhalée n’est pas recommandée dans le traitement des EABPCO.

* Antibiotiques : il faut probablement prescrire une antibiothérapie dans les exacerbations hospitalisées lorsqu’une des conditions suivantes est présente :
• expectoration purulente
• signe(s) de gravité
• terrain à risque : BPCO avec obstruction bronchique très sévère (VEMS < 30 % de la théorique) ou comorbidités susceptibles de menacer le pronostic vital (accord d’experts).

* Quelle est la place des corticoïdes systémiques ? Toujours discutable

* La théophylline et autres méthylxanthines : bénéfice non démontré, les effets indésirables limitent leur prescription.

* L’oxygénothérapie peut corriger l’hypoxémie mais peut aussi aggraver une éventuelle hypercapnie, pouvant conduire à une acidose respiratoire. L’oxygénothérapie (sous surveillance) est classiquement indiquée en première intention via des lunettes nasales, avec une titration afin d’obtenir une SpO2 entre 88 et 92%. L’utilisation de masques à effet Venturi permet une détermination plus fiable de la FIO2 administrée.

* Mucomodificateurs (fluidifiants bronchiques): non recommandés ni en ville ni à l’hôpital.

* Ventilation non invasive : La VNI, en absence de contre-indications, doit être la technique de choix en première intention en cas d’indication à une ventilation mécanique chez les patients atteints de BPCO présentant une exacerbation aiguë sévère avec insuffisance respiratoire aiguë.

* Le recours à la ventilation mécanique endotrachéale par intubation orotrachéale s’impose sans délai en cas de menace vitale immédiate (apnée, pause ou épuisement respiratoire, agitation extrême, coma, arrêt cardiorespiratoire, collapsus, troubles du rythme sévères).

Pour télécharger l’article en PDF :

Revue des Maladies Respiratoires 2017;34(4):282-322 (article en anglais et français)

Mai 2017 : Recommandations

Protocole National de Diagnostic et de Soins (PNDS) - Filière de santé Maladies Rares Immuno-Hématologiques (MaRIH) - Haute Autorité de Santé (HAS)

L’objectif de ce protocole national de diagnostic et de soins (PNDS) est d’expliciter aux professionnels concernés la prise en charge diagnostique et thérapeutique optimale actuelle et le parcours de soins d’un patient atteint de Purpura thrombopénique immunologique.

 Lien : Site HAS Santé

Pour en savoir plus : 

Le purpura thrombopénique immunologique (PTI, ou purpura thrombopénique auto-immun, PTAI) est une maladie bénigne (non cancéreuse) du sang qui se traduit par une baisse anormale du nombre de plaquettes dans le sang (thrombopénie ou thrombocytopénie) et un risque accru de saignements (hémorragies). Les plaquettes sont, avec les globules rouges et les globules blancs, un des composants essentiels du sang. Elles jouent un rôle primordial dans la coagulation. Leur nombre est normalement compris, chez l’adulte, entre 150.000 et 400.000 par mm3 de sang. Au cours du PTI, le taux de plaquettes est inférieur à 100.000/mm3 mais celui-ci peut baisser de façon plus ou moins rapide et importante jusqu’à moins de 10.000/mm3

 A lire (en PDF) : Encyclopédie maladies rares Orphanet 2010

Recommandations de la  Société De Pathologie Infectieuse De Langue Française - SPILF 2017

UN EXTRAIT DE L’ARTICLE :

A/ ÉVOQUER UNE ENCÉPHALITE INFECTIEUSE AIGUË ET LA CONFIRMER :

1/ LA CLINIQUE :

  • Tout symptôme ou signe de dysfonctionnement du SNC associé à la fièvre
  • La fièvre doit être recherchée dans les jours précédents par l'interrogatoire du patient ou des proches

2/ LA BIOLOGIE SANGUINE :

  • Deux paires d’hémocultures avant toute antibiothérapie
  • Numération avec formule sanguine avec plaquettes, ionogramme sanguin, glycémie (concomitante de la PL), CRP, ASAT, ALAT, bilirubine, phosphatases alcalines, bilan d’hémostase et CPK
  • Sérologie VIH indispensable
    En cas de suspicion de primo-infection VIH, PCR ARN VIH (charge virale)

3/ LA BIOLOGIE DU LCS :

  • LCS au moins 120 gouttes (environ 50 microL/goutte)
  • 20 gouttes pour biochimie et 80 à 100 gouttes pour cytologie, microbiologie et virologie
  • Conserver une partie du LCS (si possible – 80°C) pour compléments d’investigations (dont le diagnostic de tuberculose)
  • En urgence : cytologie, protéinorachie, glycorachie, lactates et microbiologie.
  • Glycorachie impérativement associée à une glycémie concomitante, veineuse ou à défaut capillaire par dextro.

4/ EXAMEN BACTÉRIOLOGIQUE STANDARD :

  • PCR HSV, VZV et entérovirus impératives
  • Recherche de BK si négativité des PCR précédentes ou très forte suspicion clinique ou épidémiologique
  • Ponction lombaire contre-indiquée avant l’imagerie (à faire en urgence) si :
    • Troubles de la vigilance
    • Signes de localisation déficitaires
    • Crises épileptiques focales ou généralisées
  • Si ponction lombaire impossible, appliquer les recommandations de thérapeutique initiale des méningites bactériennes ET des encéphalites infectieuses.

5/ L’IMAGERIE :

IRM cérébrale en urgence en première intention

* avec séquences FLAIR

* diffusion, T2*, T1 sans et avec gadolinium

* séquences vasculaires veineuses et artérielles

Seulement si IRM impossible, tomodensitométrie cérébrale (TDM) sans et avec injection

B/ TRAITEMENTS ANTI-INFECTIEUX (première 48 heures) :

A débuter en urgence

1/ Absence d’orientation étiologique (clinique ou biologique) :

  • Acyclovir : 10 mg/kg IV toutes les 8 heures et
  • Amoxicilline : 200 mg/kg/jour en au moins 4 perfusions, ou en administration continue
  • Réévaluation systématique à 48h.

2/ Si vésicules cutanées ou signes de vasculopathie à l’imagerie : Acyclovir : 15 mg/kg IV toutes les 8 heures.

3/ Si LCS trouble : appliquer les recommandations sur la prise en charge des méningites bactériennes communautaires

4/ Si examen microscopique du LCS positif : débuter un traitement étiologique

Référence :

Guidelines on the management of infectious encephalitis in adults - Recommandations de prise en charge des encéphalites infectieuses de l’adulte. Médecine et maladies infectieuses 47 (2017) 179–194

Lisez tout le document, en français et en anglais, et en PDF :Sur le site infectiologie.com (recommandations)

  

 

 Mise à jour  2023 : 

ANAPHYLAXIS: A 2023 PRACTICE PARAMETER UPDATE
American College of Allergy, Asthma & Immunology
D.B.K. Golden et al. / Ann Allergy Asthma Immunol 132 (2024) 124−176

Définition : L’anaphylaxie est une réaction d’hypersensibilité systémique grave qui apparaît généralement rapidement et peut entraîner la mort. L'anaphylaxie grave se caractérise par une altération de la respiration et/ou de la circulation potentiellement mortelle, et elle peut survenir sans la présence de caractéristiques cutanées typiques, de choc circulatoire ou de respiration compromise.

2016 : PRISE EN CHARGE DE L’ANAPHYLAXIE EN MÉDECINE D’URGENCE

Recommandations de la Société française de médecine d’urgence (SFMU) en partenariat avec la Société française d’allergologie (SFA) et le Groupe francophone de réanimation et d’urgences pédiatriques (GFRUP), et le soutien de la Société pédiatrique de pneumologie et d’allergologie (SP2 A)
Ann. Fr. Med. Urgence (2016) 6:342-364

  • L’anaphylaxie est une réaction d’hypersensibilité (ou allergique) systémique, généralisée, sévère, pouvant engager le pronostic vital. Elle survient après un délai de quelques minutes à quelques heures suivant l’exposition à un facteur déclenchant.
    Elle se caractérise par l’apparition brutale d’une atteinte des voies aériennes, supérieures ou inférieures, ou cardiovasculaire potentiellement fatale. Elle est généralement, mais pas systématiquement, associée à une atteinte cutanéo-muqueuse. Des signes digestifs peuvent également être présents. Les symptômes dépendent des organes impactés et évoluent rapidement.
  • Les recommandations internationales se sont accordées sur le terme d’anaphylaxie et n’utilisent plus l’expression «choc anaphylactique» qui focalise sur l’atteinte cardiovasculaire et est responsable d’une sous-évaluation des symptômes respiratoires et digestifs, à l’origine d’un défaut de diagnostic.
  • De plus, l’identification parfois difficile d’un facteur déclenchant et la symptomatologie atypique ou rapidement résolutive participent à une utilisation insuffisante de l’adrénaline (moins d’un tiers des anaphylaxies).
  • Enfin, à la sortie de la structure des urgences (SU), une prescription de stylo auto-injecteur d’adrénaline (AIA) et une orientation vers une consultation allergologique semblent insuffisamment réalisées.
  • Ces constats mettent en évidence la nécessité de sensibiliser les professionnels de santé. De nouvelles recommandations européennes et internationales ont récemment été rédigées.
    Téléchargez ce document en PDF : Site SFMU

CONDUITE À TENIR DEVANT UNE ANAPHYLAXIE :

  • Mise en condition : éviction de l’allergène, mettre le patient en position de Trendelenburg ou assis si gêne respiratoire ou en PLS si inconscience. Oxygène à fort débit (SpO2 >95%), abord veineux et surveillance clinique des paramètres vitaux.
  • Adrénaline le plus tôt possible :

- Commencer par 0,3 à 0,5 mg en injection IM ou S/C. Enfant : 0,01 mg/Kg.
- Si échec : par titration, 1 mg dilué dans 10 ml NaCl 0,9%, à injecter 1 ml/min en IVD jusqu’au rétablissement de l’état hémodynamique.
- Si non amélioration : perfusion 0,1 µg/kg/min puis adapter selon l’évolution.

  • Remplissage : par les cristalloïdes 20 ml/Kg à adapter selon l’évolution.
  • β2-stimulants : en aérosols si bronchospasme.
  • Corticothérapie iv : action tardive sur l’allergie.
  • Antihistaminiques : d’intérêt secondaire dans les réactions anaphylactiques.
  • Surveillance de 6 à 24 heures, sortie avec consignes orales et écrites lorsque le patient est stable.

Octobre 2016 : Publications HAS-Santé

Les signes de gravité doivent être recherchés : âge de moins de 3 mois, difficulté respiratoire ou fréquence respiratoire élevée, conscience altérée, absence de réponse aux stimulations, renflement de la fontanelle, pâleur ou cyanose, cris faibles ou grognements, raideur de la nuque, conduisant généralement à un transfert vers des urgences hospitalières.
- La perception des parents doit être prise en compte.
- Trois mesures simples sont à privilégier, associées à un traitement médicamenteux : proposer fréquemment à boire, ne pas trop couvrir l’enfant, ne pas augmenter la température de la pièce. Il n’y a pas lieu d’utiliser les mesures suivantes : bain frais ou enveloppement frais, dont l’effet est modeste et transitoire, et qui peuvent majorer l’inconfort de l’enfant.
- Prescrire en monothérapie pendant les 24 premières heures un antipyrétique : le paracétamol, ou en cas de contre-indication à ce dernier, un AINS : l’ibuprofène chez l’enfant de plus de 3 mois et le kétoprofène chez l’enfant de plus de 6 mois. Les AINS ne doivent pas être utilisés en cas de varicelle, et avec prudence en cas d’infection bactérienne.
- Les règles de prescription des antipyrétiques sont les suivantes :
• choisir le médicament de première intention en fonction des contre-indications, mises en garde et précautions d’emploi
• utiliser une seule molécule en monothérapie pendant les 24 premières heures.
- Il n’existe aucun traitement préventif des convulsions fébriles.
- Il n’est pas recommandé de prescrire de l’aspirine (acide acétylsalicylique) en cas de de fièvre chez l’enfant, en raison d’un risque très rare mais potentiellement mortel de syndrome de Reye.
- Seule, une fièvre mal tolérée, malgré un traitement bien conduit pendant au moins 24 heures, nécessite une réévaluation médicale, qui seule peut juger du bien-fondé de la substitution éventuelle du médicament antipyrétique ou d’une association. Ce délai peut être raccourci chez le nourrisson de moins de 3 mois.

Lisez la suite : Fiche mémo : prise en charge de la fièvre chez l'enfant : Site Haute autorité de santé France

VOIR NOTRE ARTICLE : Fièvre et hyperthermies conduite à tenir